
Il peut paraître évident qu’un traité sur le concept d’évitisme évite de traiter frontalement de son sujet, mais cette considération mise à part… Quelle déception. C’est du grand n’importe quoi, pas très drôle, plutôt lourdingue même, fonctionnant sur l’incongruité et l’anachronisme, une certaine logorrhée fatigante et auto satisfaite, souvent égocentrée… Hormis un ou deux chapitres, et encore, c’est absolument navrant. On a du mal pour l’ami Bartleby.
Hypothèse 1 : l’humour des années 50 (ou d’avant) vieillit très mal (et pourtant : Art Buchwald, et pourtant Robert Benchley, et d’autres…) (Et je passe pourtant sur le sexisme et les blagues moisies sur les femmes, car je tiens compte du contexte).
Hypothèse 2 : les traducteurs n’ont pas réussi à sauver les meubles (pourtant Jacques Papy a été le traducteur d’Ambrose Bierce et de Fredric Brown).
Hypothèse 3 : c’était déjà nul et Roger Price est survendu.
Hypothèse 4 : Je ne suis pas sensible à cet humour simpliste digne d’un apprenti humoriste de bar (c’est possible, car Éric Chevillard que je crains être le seul à ne pas trouver drôle, se pâme dans la préface).
Hypothèse 5 : L’Arbre Vengeur poussé par son distributeur à sortir un nombre de livres minimum par an n’a pas trouvé mieux que ce fond de tiroir « à pas cher ».
Quoiqu’il en soit, on pourra éviter avec sérénité ce Traité argumenté de l’évitisme.
Je sais : c’est une remarque facile comme l’est l’humour potache et désuet de Price, mais elle est totalement adaptée.
Présentation de l’éditeur : La vie est tellement pénible qu’il est urgent de se donner les moyens de n’en pas subir les ennuis, les sottises et les tourments. Un philosophe de génie, honteusement qualifié d’humoriste pour le rabaisser, a composé le traité définitif pour exposer les mille et une manières d’éviter ce qui fâche. Son Traité de l’Évitisme, paru en 1951, n’a pris que les rides du bonheur tant il continue à nous émerveiller par sa sidérante vérité, par ses affolantes analyses, par ses illustrations aussi claires que précises. Il convenait que ce livre qui est la bible de celles et ceux qui préfèrent vraiment mieux pas rejoigne notre collection de philosophie poilante car vivre en Bartelby cela s’apprend aussi ! Un traité de l’évitisme présenté par un grand éviteur, Éric Chevillard, préfacier du livre.
Préférer ne pas Traité argumenté de l’Évitisme – Roger Price – Traduit de l’anglais par Jacques Papy et Zélie Broussaud – Préface d’Éric Chevillard – Illustrations de Roger Price – Collection exhumérante – ISBN : 978-2-37941-458-9 – 200 pages – Format : 110×210 mm – Prix : 18 € – Date de parution : 4 septembre 2026
