{"id":5471,"date":"2026-11-01T12:47:46","date_gmt":"2026-11-01T11:47:46","guid":{"rendered":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/?p=5471"},"modified":"2026-11-01T12:58:59","modified_gmt":"2026-11-01T11:58:59","slug":"la-methode-petruccelli-journal-dun-loser-de-sarah-bordy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/2026\/11\/01\/la-methode-petruccelli-journal-dun-loser-de-sarah-bordy\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0La M\u00e9thode Petruccelli : Journal d&rsquo;un loser\u00a0\u00bb, de Sarah Bordy"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">[J&rsquo;ai pu lire ce roman dans le cadre de <a href=\"https:\/\/www.babelio.com\/livres\/Bordy-La-Methode-Petruccelli--Journal-dun-loser\/2042125\/critiques?note=2\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00abMasse critique \u00bb de Babelio<\/a>, et j&rsquo;en remercie Les <strong><em><a href=\"https:\/\/www.editionsdugroscaillou.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00c9ditions du Gros Caillou<\/a><\/em><\/strong> (qui m&rsquo;ont l&rsquo;air tr\u00e8s sympathiques et \u00e9ditent des livres de fort belle facture &#8211; et c&rsquo;est bien pourquoi je suis d\u00e9sol\u00e9 de devoir \u00e9crire une telle critique)]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-4069 alignleft\" src=\"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-content\/uploads\/2024\/12\/comicoscore-D-2.png\" alt=\"\" width=\"111\" height=\"200\" \/>Il y a des livres qu&rsquo;on ouvre avec gourmandise, s&rsquo;attendant \u00e0 jubiler, et c&rsquo;\u00e9tait le cas de celui-ci. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 attir\u00e9 par la double promesse : celle d&rsquo;un \u00ab\u00a0d&rsquo;un humour d\u00e9capant\u00a0\u00bb au service d&rsquo;une d\u00e9nonciation des <em>\u00ab\u00a0d\u00e9rives du d\u00e9veloppement personnel\u00a0\u00bb<\/em>, par une autrice que je ne connaissais pas, mais qui selon toute apparence s&rsquo;est faite remarquer pour sa plume. Chouette : une nouvelle autrice qui s&rsquo;attaque \u00e0 des sujets un peu diff\u00e9rents&#8230; Mais forc\u00e9ment, comme pourrait dire Fr\u00e9d\u00e9ric Petitjean, le personnage enfonceur de portes ouvertes du roman : <em>quand on part de haut, on tombe plus bas.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De d\u00e9nonciation des d\u00e9rives du d\u00e9veloppement personnel, il n&rsquo;y en a pas. Ce sujet est tout au plus un \u00ab\u00a0McGuffin\u00a0\u00bb, comme aurait expliqu\u00e9 Hitchcock, un pr\u00e9texte. le coach est une grosse caricature viriliste militaro-sadisante qui appara\u00eet de temps \u00e0 autre, et \u00e7a ne va pas plus loin. <em>\u00ab\u00a0L&rsquo;humour d\u00e9capant\u00a0\u00bb<\/em> est absent. La succession de m\u00e9saventures dans une folle embard\u00e9e, l&rsquo;encha\u00eenement des agitations, et autres coups de th\u00e9\u00e2tre permanents \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;un slapstick burlesque font office, sans doute, de dr\u00f4lerie, car les r\u00e9flexions du personnage ne sont gu\u00e8re hilarantes. On dirait un de ces vieux films, un Belmondo fa\u00e7on \u00ab\u00a0Homme de Rio\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Le Magnifique\u00a0\u00bb d\u00e9multipli\u00e9, mais en bien moins dr\u00f4le. C&rsquo;est donc seulement une sorte de polar agit\u00e9 et survolt\u00e9. Soit, et pourquoi pas : il n&rsquo;y a absolument aucune honte \u00e0 pratiquer ce genre et on peut appr\u00e9cier de suivre ce tourbillon&#8230;, mais ce n&rsquo;est pas ce qui avait \u00e9t\u00e9 clam\u00e9. Et ce n&rsquo;est m\u00eame pas non plus un \u00ab\u00a0journal\u00a0\u00bb, mais peu importe.<br \/>\nLe roman est donc totalement rocambolesque (Larousse : <em>Qui est plein d&rsquo;invraisemblance, de p\u00e9rip\u00e9ties extraordinaires. Synonymes : extravagant &#8211; fantastique<\/em>). Cela se traduit par une surabondance de co\u00efncidences, de hasards improbables, de croisements r\u00e9currents et syst\u00e9matiques des m\u00eames personnages mus par d&rsquo;obscures hostilit\u00e9s, de rebondissements fr\u00e9n\u00e9tiques&#8230; qui fatiguent. Tout comme le fait que le personnage perde connaissance ou s&rsquo;endorme et se r\u00e9veille presque entre une \u00e0 deux fois par chapitre, qu&rsquo;il se pose sans cesse des questions en pleine action sur ce qui est en train de se d\u00e9rouler (*), qu&rsquo;il prenne des d\u00e9cisions curieuses, qu&rsquo;il encaisse physiquement de quoi d\u00e9crocher une ITT de 90 jours lors de chaque s\u00e9quence&#8230; Autant de p\u00e9rip\u00e9ties et d&rsquo;appels \u00e0 la \u00ab\u00a0suspension d&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9\u00a0\u00bb qui lassent, qui finissent par ne plus obtenir l&rsquo;adh\u00e9sion du lecteur.<br \/>\nVoil\u00e0 pour un ressenti \u00ab\u00a0premier niveau\u00a0\u00bb : celui d&rsquo;une saturation, et c&rsquo;est, h\u00e9las pour l&rsquo;autrice, ce qui nous fait peu adh\u00e9rer \u00e0 la lecture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutefois, on devra reconna\u00eetre que la toute fin du roman justifie pourtant la forme rocambolesque. L&rsquo;omnipr\u00e9sence de ce qui pouvait para\u00eetre comme des erreurs ci-dessus de primo-romanci\u00e8re, du m\u00e9li-m\u00e9lo de gesticulation ou de l&rsquo;improvisation elliptique et d\u00e9sinvolte s&rsquo;explique en effet lors de la r\u00e9solution &#8211; m\u00eame si la combine fictionnelle, qu&rsquo;on ne d\u00e9voilera pas, peut para\u00eetre \u00e9cul\u00e9e. En somme, <span style=\"color: #800000;\"><strong>Sarah Bordy <\/strong><\/span>est imaginative, sait disposer ses \u00ab fusils de Tchekhov \u00bb (les allusions r\u00e9guli\u00e8res au p\u00e8re, ou d&rsquo;autres occasionnelles qu&rsquo;on ne peut r\u00e9v\u00e9ler ici), quoique prolixe dans les sc\u00e8nes sportives et furtive dans les transitions qu&rsquo;il aurait fallu d\u00e9velopper, mais a \u00e9t\u00e9 prise \u00e0 son propre pi\u00e8ge, puisque ce que n\u00e9cessite, ce qu&rsquo;impose m\u00eame la coh\u00e9rence du roman &#8211; soit le rocambolesque &#8211; dessert celui-ci tout du long dans sa mise en sc\u00e8ne et son acceptation&#8230; en le rendant ennuyeux. (Pour ceux \u00ab qui ont la r\u00e9f \u00bb : n&rsquo;est pas Chuck Palahniuk qui veut&#8230;). Si des respirations, digressions avaient \u00e9t\u00e9 bien plus nombreuses, et avaient r\u00e9pondu \u00e0 la promesse de <em>\u00ab\u00a0d\u00e9nonciation des d\u00e9rives du d\u00e9veloppement personnel\u00a0\u00bb<\/em>, si d&rsquo;autres lignes narratives avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es (qui auraient pu permettre des sujets de satire, de regard critique promis), cela aurait pu faire d&rsquo;un tr\u00e8s passable roman d&rsquo;action, un roman noir et caustique \u00e9patant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(*) \u00ab\u00a0Bon, je fais quoi maintenant ?\u00a0\u00bb se formule-t-il (en substance) r\u00e9guli\u00e8rement au point qu&rsquo;on en vient \u00e0 penser que c&rsquo;est l&rsquo;autrice elle-m\u00eame qui se demande comment elle s&rsquo;en sort au fil de sa r\u00e9daction.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[J&rsquo;ai pu lire ce roman dans le cadre de \u00abMasse critique \u00bb de Babelio, et j&rsquo;en remercie Les \u00c9ditions du &hellip; <a href=\"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/2026\/11\/01\/la-methode-petruccelli-journal-dun-loser-de-sarah-bordy\/\" class=\"more-link\">Plus <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab\u00a0La M\u00e9thode Petruccelli : Journal d&rsquo;un loser\u00a0\u00bb, de Sarah Bordy<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5472,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-5471","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature-humoristique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5471","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5471"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5471\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5476,"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5471\/revisions\/5476"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5472"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5471"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5471"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5471"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}