{"id":1340,"date":"2022-11-13T07:00:47","date_gmt":"2022-11-13T07:00:47","guid":{"rendered":"https:\/\/vis-comica.francismizio.net\/?p=1340"},"modified":"2022-11-13T07:00:47","modified_gmt":"2022-11-13T07:00:47","slug":"octobre-n6-1er-octobre-2022-l-histoire-nous-l-apprend","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/2022\/11\/13\/octobre-n6-1er-octobre-2022-l-histoire-nous-l-apprend\/","title":{"rendered":"[Archives lettre] N\u00b06 &#8211; 1er octobre 2022 &#8211; L&rsquo;Histoire nous l&rsquo;apprend"},"content":{"rendered":"<p><em>Buster Keaton lors de son abonnement \u00e0 VIS COMICA, la lettre de la litt\u00e9rature et des \u00e9crits humoristiques.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: right;\"><em><span style=\"color: #000000;\">\u201cSi franc qu&rsquo;on le suppose, le rire cache une arri\u00e8re-pens\u00e9e d&rsquo;entente,<br \/>\nje dirais presque de complicit\u00e9, avec d&rsquo;autres rieurs, r\u00e9els ou imaginaires<\/span><\/em><em><span style=\"color: #000000;\">.<strong><br \/>\n<\/strong><\/span><\/em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #800080;\"><strong>\u00a0Henri Bergson.<\/strong> <strong><cite>Le rire. Essai sur la signification du comique<\/cite>.<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<h1><span style=\"color: #800080;\"><br \/>\nL&rsquo;\u00e9dito DE VIS COMICA <\/span><span style=\"color: #800080;\">(cesse d&rsquo;\u00eatre ch&#8230;)<\/span><\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1368 alignleft\" src=\"https:\/\/vis-comica.francismizio.net\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Rembrandt03-300x300.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" \/><strong><span style=\"color: #800080;\">Ceci est un cri d&rsquo;alarme de boule au ventre tirant la sonnette : pourquoi la lecture d&rsquo;ouvrages humoristiques exigeants est-elle tomb\u00e9e dans les trappes de l&rsquo;Histoire litt\u00e9raire ?<\/span><\/strong> Que s&rsquo;est-il pass\u00e9 dans ce pays pour qu&rsquo;on fasse du comique, de la satire, de la parodie, de l&rsquo;humour, du pastiche&#8230; de sous-genres rel\u00e9gu\u00e9s en fin de rayonnage, en fin de magazine ? Que l&rsquo;humour et l&rsquo;esprit soient consid\u00e9r\u00e9s comme vulgaires, pas assez profonds, voire m\u00e9prisables ? Pourquoi l&rsquo;humour litt\u00e9raire doit-il forc\u00e9ment \u00eatre gesticulant comme un <em>stand up<\/em>, et surtout d\u00e9nu\u00e9 de propos ? Pourquoi faut-il dans les romans qui se prennent la t\u00eate entre les mains, la famille entre quatre yeux et la soci\u00e9t\u00e9 dans le bas du dos, qu&rsquo;on nous plombe autant avec gravit\u00e9 ? (Cette gravit\u00e9 qui, rappelons-le, n&rsquo;aurait-elle \u00e9t\u00e9 invent\u00e9e par Newton \u2014 9,0807 m\/s quand m\u00eame ! \u2014 nous serions tous joyeux, le teint frais, toniques&#8230; en lisant !) Et puis, pour revenir aux fondamentaux : <em>n&rsquo;aurions nous pas connu un \u00e2ge d&rsquo;or ?<\/em><br \/>\nDepuis que je me suis lanc\u00e9 dans cette lettre, cette question m&rsquo;obs\u00e8de et les manigances de mon entourage pour me faire interner pour \u00ab\u00a0fixette aggrav\u00e9e\u00a0\u00bb n&rsquo;y pourront rien. En qu\u00eate perp\u00e9tuelle d&rsquo;explications (cf mes \u00e9ditos ch&#8230; pr\u00e9c\u00e9dents), je me suis lanc\u00e9 dans une accumulations de preuves. Et je le clame : oui, il y a bien eu un \u00e2ge d&rsquo;or ! Et sa disparition est la preuve certaine d&rsquo;un incompr\u00e9hensible et souterrain complot au dessein de\u00a0 contr\u00f4le social. Ah !, bien sur ! : faire pleurer dans les chaumi\u00e8res et les vaches gard\u00e9es \u00e0 No\u00ebl ! (Je ne sais plus le proverbe, mais vous voyez l&rsquo;id\u00e9e).<br \/>\nRecherchant parmi les milliers d&rsquo;\u0153uvres d&rsquo;un des motifs picturaux les plus abondants de l&rsquo;histoire de l&rsquo;art (\u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.google.com\/search?source=univ&amp;tbm=isch&amp;q=femme+lisant+un+livre+peinture&amp;client=firefox-b-d&amp;fir=eMQ9QyBa6QiN1M%252CAK5j42GT73bsqM%252C_%253Bxuy_RTRWLrFiTM%252C6UdjgibUNS-YPM%252C_%253BQcwD7SRvQt0lkM%252CAK5j42GT73bsqM%252C_%253B5xRGt1AEFzfnkM%252CUgZYb3i1nTru5M%252C_%253B-4z7U2u7Hoh07M%252C2iXkCvpSCynOVM%252C_%253BGNF1Rs9SX3j8vM%252CrA2cWnEQ4GegIM%252C_%253BFVU60RPAUVxsGM%252CT4fozWB-uKx-mM%252C_%253B6-wHWUrvvDMbaM%252CevSrGDOIrABPZM%252C_%253BiU5mHRAGXK6i-M%252CsFMfDA1C5CBHPM%252C_&amp;usg=AI4_-kRcRbYPAFnBKpFAjcC_Kln44lMoRQ&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwjO24asw7D6AhWPSvEDHba4Df0Q7Al6BAgXEDw&amp;biw=1680&amp;bih=937&amp;dpr=2\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">une femme lisant un livre<\/a>\u00ab\u00a0) j&rsquo;ai fini par d\u00e9nicher la repr\u00e9sentation de la lecture humoristique, prouvant que jadis l&rsquo;usage de tels ouvrages essaimait dans tous les milieux sociaux, \u00e0 toutes \u00e9poques, qui n&rsquo;\u00e9taient pourtant pas toujours hilares.<br \/>\nVoici <span style=\"color: #800080;\"><strong>ci-dessous<\/strong><\/span> des exemples collect\u00e9s chez <span style=\"color: #800080;\"><strong>Georges de la Tour, Rembrandt, Renoir, Fragonard <\/strong><\/span>et<span style=\"color: #800080;\"><strong> Frida Kahlo<\/strong><\/span>&#8230; C&rsquo;est \u00e9difiant. Il y en a certainement de multitudes cach\u00e9es dans les enfers des pinacoth\u00e8ques. Que s&rsquo;est-il pass\u00e9 ? \u00c0 qui profitent ces basses man\u0153uvres de dissimulation ? Je vous le dis : tant que les infirmiers ne seront pas venus me ma\u00eetriser, je continuerai de mener cette tache essentielle, vitale, solidaire, que je me suis assign\u00e9e : pas moins que <em>rendre \u00e0 l&rsquo;Humanit\u00e9 le sourire en lisant<\/em>.<br \/>\nJe ne l&rsquo;ignore point : le chemin sera pav\u00e9 de sourires crisp\u00e9s. Il sera long et difficile. Les r\u00e9ticences morales, les lobbys des \u00e9diteurs d\u00e9pressifs, les chantres du malheur vertigineux feront bloc. Pour un livre qu&rsquo;on referme en soupirant \u00e0 la page 20, il nous faudra brandir deux livres qu&rsquo;on essaiera de vous chiper en vous regardant rire. Vous devrez les tenir fermement pour qu&rsquo;on ne vous les arrache pas avant que vous ne les ayez termin\u00e9s. Car innombrables sont les foules en attente d&rsquo;intelligence comique ! Une fois ceux-ci referm\u00e9s (je rappelle que vous \u00eates en train d&rsquo;en lire deux en m\u00eame temps, par militantisme), vous pourrez alors les pr\u00eater et la multitude qui n&rsquo;a, on le sait maintenant, qu&rsquo;une envie irr\u00e9pressible de lire et d&rsquo;acqu\u00e9rir des livres humoristiques, tutoiera enfin l&rsquo;Absolu \u2014 et vous, en lisant cette lettre et <strong>en en faisant la promotion<\/strong> pourrez continuer votre sain et inlassable pros\u00e9lytisme pour un monde litt\u00e9raire pouffant ! Je vous vois d\u00e9j\u00e0, nimb\u00e9s de lumi\u00e8re, avan\u00e7ant vers des lendemains qui scintillent, et je le dis comme je le pense, et si je puis me permettre : je suis d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 fier de vous.<br \/>\nHeureusement, dans ce combat ardu, j&rsquo;ai ici quelques <a href=\"https:\/\/vis-comica.francismizio.net\/sabonner\/\">soutiens<\/a> que je remercie. J&rsquo;esp\u00e8re toutefois qu&rsquo;eux et moi, si cela doit mal tourner, serons dans la m\u00eame aile de l&rsquo;\u00e9tablissement m\u00e9dico-psychologique (car le \u00ab\u00a0syst\u00e8me\u00a0\u00bb ne manquera pas de nous placer en marge, de nous accuser de mille turpitudes et autres dysfonctionnements neurologiques), mais ce n&rsquo;est qu&rsquo;ensemble que nous parviendrons \u00e0 refaire les niveaux litt\u00e9raires \u2014 et on se marrera au moins entre nous \u00e0 la salle t\u00e9l\u00e9 avant la prise des calmants et autres hypnotiques qui font baver.<br \/>\nTenons bon, tenez bon (mais ne nous tenons pas forc\u00e9ment bien)<br \/>\n<span style=\"color: #800080;\"><strong>Francis<\/strong><\/span><br \/>\n(cliquez sur une image pour afficher en grand) :<\/p>\n\n<p><em>(Images cr\u00e9\u00e9es avec l&rsquo;IA MIdjourney).<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #800080;\">Au sommaire de ce num\u00e9ro 5 :<\/span> <em>Une chance insolente<\/em>, de Fabio Bac\u00e0 <\/strong><strong> &#8211; Les migraines que nous cause<span data-ved=\"2ahUKEwjS5qnusaD6AhWNw4UKHbAiAI8Q2kooAnoECFAQEA\"> Rapha\u00ebl Rupert<\/span> &#8211; Le truc classique : <em>M\u00e9moires d&rsquo;un vieux con<\/em>, de Roland Topor\u00a0 &#8211; Le truc en ligne : le \u00ab\u00a0ph\u00e9nom\u00e8ne litt\u00e9raire\u00a0\u00bb allemand &#8211; Br\u00e8ves de comptoir du mois &#8211; \u00e9gopub de bonus &#8211; messages de service.<br \/>\n<span style=\"color: #ff0000;\">&gt; L&rsquo;INT\u00c9GRALITE DU NUM\u00c9RO 6 DE VIS COMICA EST ICI<\/span><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<hr \/>\n<figure id=\"attachment_1403\" aria-describedby=\"caption-attachment-1403\" style=\"width: 512px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1403\" src=\"https:\/\/vis-comica.francismizio.net\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/Keatonavantrire-1024x1024.jpeg\" alt=\"\" width=\"512\" height=\"512\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1403\" class=\"wp-caption-text\">Buster Keaton avant son abonnement \u00e0 VIS COMICA , la lettre de la litt\u00e9rature et des \u00e9crits humoristiques.<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_1404\" aria-describedby=\"caption-attachment-1404\" style=\"width: 512px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1404 size-full\" src=\"https:\/\/vis-comica.francismizio.net\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/KeatonRitDezgo02.png\" alt=\"\" width=\"512\" height=\"512\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1404\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Photographie in\u00e9dite et unique au monde de <span style=\"color: #800080;\">Buster Keaton<\/span> riant,<\/strong> prise peu apr\u00e8s son abonnement \u00e0 <span style=\"color: #800080;\"><strong>VIS COMICA<\/strong><\/span>, la lettre de la litt\u00e9rature et des \u00e9crits humoristiques.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong> Vous \u00eates 17 201 654 \u00e0 recevoir cette lettre et je vous en remercie<\/strong>. (Vous pouvez vous en d\u00e9sabonner ais\u00e9ment en bas du courriel).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #800080;\"><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1064 alignleft\" src=\"https:\/\/vis-comica.francismizio.net\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/joiekeaton.gif\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"138\" \/>&lt; JOIE ! JOIE ! <span style=\"color: #800080;\">2 ebooks gratuits ce mois-ci sont offerts en t\u00e9l\u00e9chargement aux soutiens<\/span><\/strong><\/span>(ce sont deux livres de Roland Topor \u2014 voir l&rsquo;article plus bas \u2014 au format epub)<span style=\"color: #800080;\"> &gt;<\/span>\u00a0<a href=\"https:\/\/vis-comica.francismizio.net\/sabonner\/\">Mais c&rsquo;est ouf !, comment font-ils pour avoir de tels privil\u00e8ges ? <\/a><\/p>\n<p>Ah oui au fait : mon nouveau roman, auto-\u00e9dit\u00e9 \u00e0 la suite d&rsquo;une souscription r\u00e9ussie est <a href=\"http:\/\/tribu-macroqa.francismizio.net\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">disponible ici en papier et epub<\/a>. Mais vous \u00eates nombreuses et nombreux \u00e0 le savoir ici (mais j&rsquo;en reparle plus bas \u2014 tant qu&rsquo;\u00e0 faire).<br \/>\n<em>Les images de Buster Keaton s&rsquo;abonnant \u00e0 VIS COMICA et riant ont \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9r\u00e9es avec l&rsquo;IA Stable Diffusion.<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h1><span style=\"color: #800080;\"><strong><em>Une chance insolente<\/em>, Fabio Bac\u00e0<br \/>\n<\/strong><\/span><\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #800080;\"><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1454 alignleft\" src=\"https:\/\/vis-comica.francismizio.net\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/chanceinsolente-205x300.jpg\" alt=\"\" width=\"205\" height=\"300\" \/>[pr\u00e9-requis : envier les chanceux ou n&rsquo;avoir pas de bol ; aimer les histoires un peu foutraques, mais riches en esprit, mauvais esprit, et bonheurs d&rsquo;\u00e9criture ; aimer Londres].<br \/>\n<\/strong><\/span>L&rsquo;id\u00e9e qui anime le roman <span style=\"color: #800080;\"><strong><em>Une chance insolente<\/em><\/strong><\/span>, de <strong><span style=\"color: #800080;\">Fabio Bac\u00e0<\/span><\/strong>, <strong>coup de c\u0153ur de ce mois-ci<\/strong> (il est rare qu&rsquo;un roman m&rsquo;amuse autant) est r\u00e9sum\u00e9e assez loin dans le livre, au moment o\u00f9 on se dit qu&rsquo;il s&rsquo;y d\u00e9roule tout de m\u00eame des choses \u00e9tranges. C&rsquo;est Kurt, le narrateur et h\u00e9ros qui parle\u00a0 : <em>\u00ab Le probl\u00e8me, d\u00e9clarai-je, c\u2019est que les choses ne se passent pas comme elles le <\/em><em>devraient depuis plus de trois mois. (&#8230;) Le probl\u00e8me, c\u2019est que Dieu, ou l\u2019Univers, ou un autre pouvoir impersonnel, a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019exaucer tous mes souhaits. Tous. Y compris ceux que je n\u2019ai jamais envisag\u00e9 d\u2019exprimer. \u00bb<br \/>\n<\/em>Amusant et insolite argument et projet romanesque improbable \u00e0 tenir :<em> si avoir toujours de la chance pouvait au final pourrir la vie ?<\/em><br \/>\nVoici la 4e de couverture : <em>\u00ab\u00a0Kurt O\u2019Reilly est expert en probabilit\u00e9s : il occupe un poste important dans un institut de statistiques \u00e0 Londres. Or, depuis quelque temps, pas un jour ne s\u2019\u00e9coule sans qu\u2019une s\u00e9rie d\u2019\u00e9v\u00e9nements lui apporte un lot d\u2019avantages inesp\u00e9r\u00e9s. Mais pour cet esprit cart\u00e9sien l\u2019improbable n\u2019a pas de place, et cette chance irrationnelle qui s\u2019abat sur lui est aussi aga\u00e7ante qu\u2019inqui\u00e9tante. Bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 comprendre ce qu\u2019il lui arrive, il consulte des professionnels vari\u00e9s. Th\u00e9rapeutes, chamanes, conseillers en tout genre vont mettre Kurt sur la voie d\u2019un \u00e9trange complot c\u00e9leste. Parviendra-t-il \u00e0 se d\u00e9faire de cet alignement des plan\u00e8tes et \u00e0 retrouver la part d\u2019inconnu qui lui semble \u00eatre le fondement de toute humanit\u00e9 ? Derri\u00e8re ses allures de fable usant de l\u2019absurde, Une chance insolente offre une lecture fine de notre soci\u00e9t\u00e9. Distillant un suspense en sourdine et une ironie omnipr\u00e9sente, Fabio Bac\u00e0 compose un roman singulier aux accents philosophiques. Il se moque de nos habitudes modernes, de nos obsessions de contr\u00f4le, et dessine un subtil \u00e9loge du risque, de l\u2019impr\u00e9vu\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\nCoup de c\u0153ur donc, et j&rsquo;irais plus loin : voici <em>exactement<\/em> ce que j&rsquo;attends d&rsquo;un roman humoristique : de l&rsquo;esprit, de la plume, de la malice, de la complicit\u00e9, de l&rsquo;ironie, de l&rsquo;intelligence, et surtout, un regard. Un point de vue sur la vie, le monde, la soci\u00e9t\u00e9, les autres&#8230; Enfin : une voix, quoi.<br \/>\nIl ne se passe pourtant pas tant de choses que cela dans ce livre, qui monte peu \u00e0 peu en puissance et en saveur, entre p\u00e9r\u00e9grinations en ville, petits accrochages avec des individus curieux, relations amicales ou conjugales compliqu\u00e9es (mais r\u00e9cit qui n&rsquo;est toutefois pas sans me rappeler certaines sc\u00e8nes et situations \u00e0 la fois du\u00a0 <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/After_Hours_(film)\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">film <strong><em>After hours<\/em><\/strong> de <strong>Scorc\u00e8se<\/strong><\/a> et de l&rsquo;excellent et dr\u00f4latique roman <a href=\"https:\/\/www.babelio.com\/livres\/Dobyns-Un-chien-dans-la-soupe\/41643\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em><strong>Un chien dans la soupe<\/strong><\/em>, de <strong>Stephen Dobyns<\/strong><\/a>) : le plaisir est dans le ton, les portraits trac\u00e9s, l&rsquo;ironie ac\u00e9r\u00e9e omnipr\u00e9sente, et l&rsquo;\u00e9criture sophistiqu\u00e9e, voire chantourn\u00e9e, car les p\u00e9riphrases du personnage toujours soucieux de pr\u00e9cision et de distanciation calme sont aussi \u00e9labor\u00e9es qu&rsquo;inattendues, quels que soient les sujet et propos (f\u00e9licitations \u00e0 la traductrice \u2014 de l&rsquo;italien \u2014 Nathalie Bauer). Ainsi, \u00e0 un moment (sc\u00e8ne qui ressemble \u00e0 une similaire chez <strong><span style=\"color: #800080;\">Dobyns<\/span><\/strong> \u2014 hommage ou influence inconsciente?) Kurt p\u00e9n\u00e8tre dans une propri\u00e9t\u00e9 et se retrouve face \u00e0 des animaux \u00e9tranges et inqui\u00e9tants : <em>\u00ab Une demi-douzaine de cr\u00e9atures, sortes de croisement entre d\u2019\u00e9normes rats et de petits kangourous, en \u00e9taient sorties. M\u2019observant avec attention, elles reniflaient l\u2019air comme pour d\u00e9terminer, \u00e0 l\u2019odeur que je d\u00e9gageais, le degr\u00e9 de comestibilit\u00e9 de ma chair. Je demeurai immobile, ensorcel\u00e9 par ces b\u00eates inconcevables, attendant, les yeux \u00e9carquill\u00e9s, qu\u2019elles aient achev\u00e9 leur inspection olfactive. Elles \u00e9chappaient \u00e0 toute esp\u00e8ce animale connue : avec leurs pattes arri\u00e8re hyper d\u00e9velopp\u00e9es et leur nez faussement rassurant de rongeur, elles \u00e9taient apparemment le fruit d\u2019un croisement g\u00e9n\u00e9tique malsain. \u00c0 l\u2019instant o\u00f9 deux sp\u00e9cimens se dirig\u00e8rent vers moi, je constatai avec horreur qu\u2019ils partageaient aussi avec les rats et les kangourous la rapidit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em> Qui ouvrirait une sc\u00e8ne \u00ab\u00a0d&rsquo;action\u00a0\u00bb d&rsquo;une telle fa\u00e7on ? Parfois Bac\u00e0 s&#8217;emporte, m\u00eame. Voici comment il d\u00e9crit l&rsquo;effet d&rsquo;une mauvaise nouvelle chez Kurt, en fin d&rsquo;histoire : <em>\u00ab Une sensation de froid glacial se r\u00e9pandit du centre de mon \u00eatre jusqu\u2019\u00e0 ses extr\u00e9mit\u00e9s, au-del\u00e0 de l\u2019\u00e9piderme, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019aura \u00e9lectrique que je d\u00e9gageais en tant qu\u2019organisme dot\u00e9 de fonctions physiologiques g\u00e9r\u00e9es par l\u2019interm\u00e9diaire de diff\u00e9rences de potentiel. Tout, en moi et hors de moi, frissonna. Les os, les muscles, les organes internes, le corps astral qui flottait comme un \u00e9tendard \u00e0 quelques millim\u00e8tres de ma peau. La synovie des articulations se figea en un fluide sirupeux, emprisonnant des bulles d\u2019azote comme des moustiques pr\u00e9historiques dans une goutte d\u2019ambre. Chaque cellule se paralysa en un hiver polaire. Je produisais des vagues de froid, comme une comme une perturbation \u00bb.<\/em><br \/>\nTout cela, outre les jugements spirituels port\u00e9s sur tout et n&rsquo;importe quoi avec culture et distinction, compose une petite musique des plus plaisantes, et surtout un style unique.<br \/>\nAllez un petit b\u00e9mol tout de m\u00eame : si on lit l&rsquo;ouvrage en jubilant tout du long, on se devra toutefois d&rsquo;\u00eatre un peu indulgent sur la r\u00e9solution de l&rsquo;histoire, qui tend, \u00e0 la toute fin, un poil vers le mi\u00e8vre. Mais c&rsquo;est vraiment faire la fine bouche.<br \/>\nLes premi\u00e8res pages :<\/p>\n\n<p><em>Une chance insolente, Fabio Bac\u00e0<b> &#8211; <\/b>EAN : 9782072927256 &#8211; Gallimard (03\/03\/2022)<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h1><strong><span style=\"color: #800080;\">LEs migraines que nous cause<br \/>\n<\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #800080;\">Rafa\u00ebl Rupert<\/span><br \/>\n<\/strong><\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #800080;\"><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1413 alignleft\" src=\"https:\/\/vis-comica.francismizio.net\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/migraines.jpg\" alt=\"\" width=\"195\" height=\"280\" \/>[pr\u00e9-requis : s&rsquo;identifier aux histoires narr\u00e9es dans les chansons de B\u00e9nabar ; habiter dans le p\u00e9rim\u00e8tre Bastille &#8211; R\u00e9publique &#8211; Le Marais &#8211; quartier des \u00e9diteurs, \u00e0 Paris ; ne pas avoir de gros soucis dans la vie]. <\/strong><strong>Le Prix de Flore<\/strong><\/span> est souvent attribu\u00e9 \u00e0 des livres qui se veulent l\u00e9gers, humoristiques, dans l&rsquo;air du temps. Il y en a eu parfois de bons,<em> \u00ab\u00a0mais\u00a0\u00bb<\/em> comme disait <span style=\"color: #800080;\"><strong>Audiard<\/strong><\/span>, <em>\u00ab\u00a0ce n&rsquo;est pas la majorit\u00e9 de l&rsquo;esp\u00e8ce\u00a0\u00bb<\/em>. En 2018 <strong><span style=\"color: #800080;\">Rafa\u00ebl Rupert<\/span><\/strong> rafle le<strong><span style=\"color: #800080;\"> Prix de Flore<\/span><\/strong> avec <em><span style=\"color: #800080;\"><strong>Anatomie de l&rsquo;amant de ma femme<\/strong><\/span><\/em>, roman tr\u00e8s r\u00e9sistible pr\u00e9sent\u00e9 comme dr\u00f4le qui narre de la bobologie bobo assez path\u00e9tique sous un vernis intellectuel et une posture ironique, somme toute, feinte. (Je vous recycle la 4e : <em><span style=\"color: #800080;\"><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><\/span>Architecte, mari\u00e9 \u00e0 L\u00e6titia, Rapha\u00ebl a tout pour \u00eatre heureux. Et pourtant, il n\u2019a qu\u2019un r\u00eave : \u00e9crire un livre. Le jour o\u00f9, en mal d\u2019inspiration, Rapha\u00ebl fouille dans le journal intime de sa femme, il d\u00e9couvre avec effroi qu\u2019elle est infid\u00e8le. Humiliation supr\u00eame, son amant semble dot\u00e9 d\u2019une anatomie hors norme. Affol\u00e9, vex\u00e9 mais stimul\u00e9, Rapha\u00ebl se lance dans une enqu\u00eate pleine d\u2019humour, d\u2019\u00e9bats et d\u2019interrogations sur la sexualit\u00e9 \u2013 la sienne, celle de sa femme mais aussi des grandes h\u00e9ro\u00efnes adult\u00e8res qui peuplent la litt\u00e9rature.\u00a0\u00bb<\/em>). L&rsquo;opus, dont on devine le d\u00e9nouement assez t\u00f4t et qui cherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 \u00eatre transgressif m\u00eale vaines provocations (des nazis p\u00e9tomanes, des descriptions de rapports sexuels et d&rsquo;obsessions idoines) \u00e0 des agitations petites bourgeoises (le mari, la femme, l&rsquo;amant) et des digressions artistiques et intellectuelles superf\u00e9tatoires notamment sur l&rsquo;\u00e9criture et la posture de l&rsquo;\u00e9crivain, sur fond de consid\u00e9rations r\u00e9currentes sur la libido, <strong><span style=\"color: #800080;\">Lacan<\/span><\/strong> et autres r\u00e9f\u00e9rences litt\u00e9raires pour que lectrices et lecteurs sans doute n&rsquo;aient pas avec ce vernis le sentiment de ne lire qu&rsquo;une histoire de cul. Passons. Si on parvient \u00e0 en lire jusqu&rsquo;\u00e0 la moiti\u00e9, avant, las, de simplement le feuilleter, c&rsquo;est simplement parce qu&rsquo;on se demande o\u00f9 il veut en venir et comment il va s&rsquo;en sortir en s&rsquo;effor\u00e7ant de faire mijoter le path\u00e9tique gruau de son r\u00e9cit.<br \/>\nApr\u00e8s avoir lu cet \u00e9t\u00e9 et \u00e0 la rentr\u00e9e plusieurs romans r\u00e9cents dits \u00ab\u00a0hilarants\u00a0\u00bb, mais qui me sont t\u00f4t tomb\u00e9s des yeux (je vous \u00e9pargne la liste navrante : \u00e7a d\u00e9marrait bien \u00e0 chaque fois, mais \u00e9voluait rapidement en <em>road movie<\/em> d&rsquo;ado, en polar gesticulant ou en <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Chick_lit\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>chick-lit<\/em><\/a> qui fait sa honteuse et avance cach\u00e9e), j&rsquo;ai toutefois lu<span style=\"color: #800080;\"><strong> \u00ab\u00a0Mes migraines\u00a0\u00bb<\/strong><\/span>, le deuxi\u00e8me roman de <span style=\"color: #800080;\"><strong>Rafa\u00ebl Rupert<\/strong> <\/span>paru mi-mars dernier \u2014 car il y a un style, tout de m\u00eame, et puis il faut que je parle de nouveaut\u00e9s cens\u00e9ment dr\u00f4les dans <strong><span style=\"color: #800080;\">VIS COMICA<\/span><\/strong> \u2014 pour voir si cet honn\u00eate laborieux avait enfin quelque chose \u00e0 raconter. Je vous recolle sa nouvelle 4e : <em>\u00ab\u00a0Sous la patronage du Zeno de Svevo obs\u00e9d\u00e9 par sa tabagie, Rapha\u00ebl Rupert, l\u2019auteur d\u2019<\/em>Anatomie de l\u2019amant de ma femme <em>(prix de Flore 2018) nous raconte la vie d\u2019Hector Schmidt au prisme de la migraine (class\u00e9e 20e maladie au monde par l\u2019OMS\u2026) qui le poursuit et l\u2019accompagne depuis l\u2019enfance. Maladie par excellence des \u00e9crivains ? s\u2019interroge le narrateur qui n\u2019est jamais en mal de r\u00e9f\u00e9rence. Hugo, Balzac, Maupassant, Sand, Stendhal, Flaubert, Gide ont tous contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019anthologie des grands migraineux de talent. On en parle, on l\u2019\u00e9tudie mais on ne la vainc jamais. Alors une fois que l\u2019on a tout dit, c\u2019est peut-\u00eatre la litt\u00e9rature qui peut essayer d\u2019\u00e9clairer cette part d\u2019ombre. Dans ses pages, le h\u00e9ros \u00e0 la t\u00eate hach\u00e9e, apr\u00e8s avoir tent\u00e9 la psychiatrie, interroge, subit, raconte, tente des exp\u00e9riences qui vont le mener dans des lieux inattendus.\u00a0\u00bb<\/em> Bilan : c&rsquo;est un peu mieux, mais le gar\u00e7on mouline grave tout de m\u00eame son \u00e9gomanie \u00e9gocentr\u00e9e concentrique et centrip\u00e8te et nous ressort quelques obsessions destin\u00e9es \u00e0 pimenter son pathos (le sexe sale, un peu de scatophilie)&#8230; Cela lorgne aussi encore vers le genre \u00ab\u00a0livre qui parle aussi des livres et de l&rsquo;\u00e9criture\u00a0\u00bb, truc qui marche bien, mais lorsque c&rsquo;est bien fait. On aurait aim\u00e9 n&rsquo;en dire que du bien, on se contentera de noter que c&rsquo;est juste lisible et document\u00e9 (on en apprend sur la migraine, c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a) avec toujours cet humour qu&rsquo;on ne doit d\u00e9gainer que dans les fins de vernissages guind\u00e9s au moment de qu\u00e9mander les derniers verres pendant le d\u00e9montage du buffet. Lisible, mais vite fait \u2014 si par exemple si vous avez un changement \u00e0 Ch\u00e2telet pour rejoindre votre soir\u00e9e hype dans le Marais lors d&rsquo;une gr\u00e8ve RATP et devez patienter pour choper votre rame. C&rsquo;est mieux que tuer le temps en scrollant sur son portable, mais sans plus. Son prochain bouquin sera peut-\u00eatre, enfin, r\u00e9ussi. Pour ma part, c&rsquo;\u00e9tait sympa, Rafa\u00ebl, mais je m&rsquo;arr\u00eaterai l\u00e0. (\u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.babelio.com\/livres\/Merot-Mammiferes\/16140\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>Mammif\u00e8res\u00a0\u00bb, Prix de Flore 2003 de Pierre M\u00e9rot<\/strong><\/a>, qui ratisse le m\u00eame genre pourtant, \u00e9tait consid\u00e9rablement plus dr\u00f4le et plus subtil il y a d\u00e9j\u00e0 bient\u00f4t 20 ans. Quand je vous dis que le niveau baisse.)<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Mes Migraines\u00a0\u00bb, Rapha\u00ebl Rupert EAN : 9782379411427 &#8211; 200 pages &#8211; L&rsquo;Arbre vengeur.<br \/>\n<\/em>&gt; Les premi\u00e8res pages ci-dessous : <em><br \/>\n<\/em><\/p>\n\n<hr \/>\n<h1><span style=\"color: #800080;\">classique : <em>m\u00e9moires d&rsquo;un vieux con<\/em>,<br \/>\nde Roland topor<br \/>\n<\/span><\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #800080;\">[pr\u00e9-requis : d\u00e9tester les m\u00e9moires de vieux cons ; aimer l&rsquo;humour vache]. <\/span><\/strong>En 1988, Roland Topor, g\u00e9nie et peintre a publi\u00e9 des m\u00e9moires purement imaginaires, mais criantes de v\u00e9rit\u00e9. \u00ab\u00a0<em>Pastiche des ouvrages \u00ab\u00a0narcissico-mondains, ridiculo-lyriques, o\u00f9 tel ou telle n&rsquo;en finit pas de se conjuguer \u00e0 tous les temps du satisfecit\u00a0\u00bb, <\/em>Les m\u00e9moires d&rsquo;un vieux con <em>est un livre salubre\u00a0\u00bb<\/em>, \u00e9crivit Jean-Didier Wolfromm du Magazine litt\u00e9raire.<br \/>\nVoici <a href=\"https:\/\/www.nouvelles-editions-wombat.fr\/livre-I5.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">le r\u00e9sum\u00e9 qu&rsquo;en faisaient en 2011 les <strong>\u00c9ditions Wombat<\/strong><\/a>\u00a0 dans un nouveau tirage : \u00ab Les jeunes m\u2019ont d\u00e9\u00e7u. Ils meurent trop t\u00f4t. On n\u2019a pas le temps de s\u2019attacher \u00e0 eux. \u00bb <em>Ainsi s\u2019exprime le narrateur anonyme des <\/em>M\u00e9moires d\u2019un vieux con<em>, artiste de g\u00e9nie aux talents multiples qui traversa le xx<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle en fr\u00e9quentant tous les plus grands, inventant au passage le glissisme, le ponctualisme et le cubisme (\u00e0 plusieurs reprises\u00a0!). Lorsqu\u2019il n\u2019\u00e9crit pas le <\/em>Manifeste du surr\u00e9alisme<em> ou <\/em>Histoire d\u2019O,<em> il peint <\/em>Guernica<em> ou compose <\/em>Porgy and Bess<em>. Sans lui, ni M\u00e9li\u00e8s, ni Picasso, ni Breton, ni Malraux, ni Trotski, ni Warhol, ni&#8230; (voir la \u00ab\u00a0liste des noms cit\u00e9s\u00a0\u00bb en fin de volume) ne seraient devenus ce qu\u2019il sont.<\/em><br \/>\nLes M\u00e9moires d\u2019un vieux con<em> offrent la parodie d\u00e9finitive et sonnent le glas d\u2019un \u00ab genre litt\u00e9raire \u00bb qui est une v\u00e9ritable plaie : les m\u00e9moires pr\u00e9tentieuses. Une \u0153uvre de salubrit\u00e9 publique !\u00a0\u00bb<\/em><br \/>\nEt voici ci-dessous les premi\u00e8res pages de ce livre jubilatoire et inoubliable.<br \/>\n<em>(<span style=\"color: #800080;\"><strong>Les <a href=\"https:\/\/vis-comica.francismizio.net\/sabonner\/\">soutiens<\/a> de VIS COMICA<\/strong><\/span> pourront t\u00e9l\u00e9charger en cadeau ce mois-ci l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de l&rsquo;ouvrage (format epub, mais je peux convertir au besoin) en zone priv\u00e9e du site, avec, en sus, un autre ouvrage fameux de <span style=\"color: #800080;\"><strong>Topor<\/strong><\/span> qu&rsquo;est <\/em><span style=\"color: #800080;\"><strong>La cuisine cannibale<\/strong><\/span><em>).<br \/>\n<\/em><\/p>\n\n<hr \/>\n<h1><span style=\"color: #800080;\">en ligne : les 50 premi\u00e8res pages<br \/>\ndu \u00ab\u00a0ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9ditorial\u00a0\u00bb allemand<br \/>\n<\/span><\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #800080;\"><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1349 alignleft\" src=\"https:\/\/vis-comica.francismizio.net\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/dusse.jpg\" alt=\"\" width=\"195\" height=\"307\" \/>[pr\u00e9-requis : aimer le polar comique non gesticulant ; aimer ricaner des coachs, d\u00e9veloppeurs personnels et autre gourou new age] <\/strong><\/span>C&rsquo;est un article du magazine \u00c9cran Large\u00a0\u00bb (<strong><a href=\"https:\/\/www.ecranlarge.com\/livre-bd\/dossier\/1448754-les-meurtres-zen-lhilarant-phenomene-venu-dallemagne-tranche-dans-la-rentree-litteraire\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">&gt; ici<\/a><\/strong>) dont le titre m&rsquo;a forc\u00e9ment attir\u00e9 :<em> \u00ab\u00a0Les Meurtres zen : l&rsquo;hilarant ph\u00e9nom\u00e8ne venu d&rsquo;Allemagne tranche dans la rentr\u00e9e litt\u00e9raire\u00a0\u00bb<\/em>. Il nous explique qu&rsquo;un polar comique qui place dans son collimateur entre autres les coachs en d\u00e9veloppement personnel cartonne outre-Rhin. Je me suis dit <em>\u00ab\u00a0Oullaaaa, encore de la gesticulation sans propos ?\u00a0\u00bb<\/em> en commen\u00e7ant \u00e0 douter de la qualit\u00e9 dudit roman d\u00e8s lors qu&rsquo;on nous a dit qu&rsquo;il est<em> \u00ab\u00a0hilarant\u00a0\u00bb<\/em>. Et puis, <a href=\"https:\/\/fr.calameo.com\/read\/0047097984f425f543089\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>comme les 50 premi\u00e8res pages sont en ligne &gt; ici<\/strong><\/a> et qu&rsquo;elles ne sont pas si mal (il y a des \u00e9chos avec <strong><span style=\"color: #800080;\"><em>Le Couperet<\/em><\/span><\/strong> de <span style=\"color: #800080;\"><strong>Donald Westlake<\/strong><\/span> \u2014 qui n&rsquo;est pas un roman humoristique d&rsquo;ailleurs \u2014 et Tony Soprano, de la s\u00e9rie <strong><span style=\"color: #800080;\"><em>Les Soprano<\/em> <\/span><\/strong>; le mafieux qui va chez le psy), on signale donc l&rsquo;ouvrage ici. Il est sorti en France ce 22 septembre dernier chez <span style=\"color: #800080;\"><strong>Le Cherche Midi<\/strong><\/span>. On n&rsquo;en a pas lu plus que cet \u00e9chantillon de 50 pages. On y reviendra (ou pas, cela d\u00e9pend si le roman devient stupide ou verse dans l&rsquo;attendu). Quoiqu&rsquo;il en soit si vous vous collez \u00e0 l&rsquo;int\u00e9grale<strong> <a href=\"mailto:francismizio@wanadoo.fr\">&gt; \u00e9crivez-moi<\/a> <\/strong>pour me donner votre avis sur la totalit\u00e9 de l&rsquo;ouvrage (<strong><a href=\"https:\/\/www.babelio.com\/livres\/Dusse-Des-meurtres-qui-font-du-bien\/1430908\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">&gt; Sur Babelio en tout cas, ils ont l&rsquo;air d&rsquo;aimer<\/a><\/strong>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Des meurtres qui font du bien, Karsten Dusse<b> (<\/b>Jenny Bussek &#8211; Traducteur) : 9782749172491 &#8211; 400 pages &#8211; Le Cherche midi (22\/09\/2022)<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h1><span style=\"color: #800080;\"><strong>les (navrantes) br\u00e8ves de comptoir<br \/>\ndu mois<br \/>\n<\/strong><\/span><\/h1>\n<p><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1253 aligncenter\" src=\"https:\/\/vis-comica.francismizio.net\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/keatonbar.gif\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"338\" \/><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elles ont \u00e9t\u00e9 dites, puis \u00e9crites, puis durant plusieurs ann\u00e9es publi\u00e9es (de 1987 \u00e0 2000) et m\u00eame jou\u00e9es au th\u00e9\u00e2tre. En voici en rapport avec l&rsquo;actualit\u00e9, car l&rsquo;Histoire se r\u00e9p\u00e8te : <em><br \/>\n\u00ab\u00a0Le pire \u00e9cart de salaire, c&rsquo;est un mois entre deux paies\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u00ab\u00a0Au pr<\/em><em>ix que co\u00fbte un enterrement, nous qui avons \u00e0 peine de quoi vivre, on ne peut pas mourir\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u00ab\u00a0\u00c7a sert \u00e0 rien de bombarder si les gens ne restent pas dessous\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u00ab\u00a0On est toujours parano quand il y a une coupure d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9. on croit toujours que ce n&rsquo;est que chez soi\u00a0\u00bb.<\/em><br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Avec le r\u00e9chauffement de la plan\u00e8te, la banquise va fondre et \u00e7a va faire monter le niveau des mers jusqu&rsquo;au pied&#8230;Tiens : de la chaise\u00a0\u00bb.<\/em><br \/>\n<em>Br\u00e8ves de comptoir,<\/em> de Jean-Marie Gourio, Robert Laffont Bouquins &#8211; 2002.<\/p>\n<hr \/>\n<h1><span style=\"color: #800080;\">\u00e9gopub de bonus in\u00c9dits<br \/>\n<\/span><\/h1>\n<figure id=\"attachment_1361\" aria-describedby=\"caption-attachment-1361\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1361 size-medium\" src=\"https:\/\/vis-comica.francismizio.net\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Chaman1-300x300.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1361\" class=\"wp-caption-text\">Toute premi\u00e8re tentative de portraiturer le chaman Jean-Fran\u00e7ois. Depuis, j&rsquo;ai fait beaucoup de progr\u00e8s dans la ma\u00eetrise de l&rsquo;IA Midjourney et il ne m&rsquo;en veut plus.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #800080;\">[pr\u00e9-requis : avoir lu mon dernier roman \u00ab\u00a0Au lourd\u00a0 d\u00e9lire des lianes\u00a0\u00bb, mais pas forc\u00e9ment]<\/span> <\/strong>Depuis juillet la guerre des intelligences artificielles g\u00e9n\u00e9ratrices d&rsquo;images fait rage. En me servant donc de l&rsquo;une d&rsquo;entre elles, <a href=\"https:\/\/www.midjourney.com\/home\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Midjourney<\/a> (comme pour les tableaux de l&rsquo;\u00e9dito), je me suis amus\u00e9, pour faire la publicit\u00e9 de mon ouvrage incontournable sur les r\u00e9seaux sociaux (il en manque s\u00e9v\u00e8rement&#8230;), \u00e0 cr\u00e9er des illustrations et \u00e0 les agr\u00e9menter d&rsquo;historiettes humoristiques in\u00e9dites d\u00e9clinant l&rsquo;univers, pour le moins touffu (de trop ?) que j&rsquo;y d\u00e9veloppe. On trouvera tout cela <a href=\"http:\/\/tribu-macroqa.francismizio.net\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ici, sur le site du roman<\/a> ou sur les comptes <a href=\"https:\/\/mobile.twitter.com\/tribumacroqa\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Twitter<\/a> ou <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/tribumacroqa\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Instagram<\/a> d\u00e9di\u00e9s. Enfin, c&rsquo;est aussi relay\u00e9 sur mon <a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/in\/francismizio\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">compte LinkedIn<\/a>. Vous avez le choix et cela n&rsquo;engage \u00e0 rien&#8230; Mais s&rsquo;il vous prend l&rsquo;envie d&rsquo;en faire la promotion, n&rsquo;h\u00e9sitez pas.<\/p>\n<hr \/>\n<div>\n<h1><span style=\"color: #800080;\"><strong>C&rsquo;EST (pas dr\u00f4le, car c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0) FINI !<\/strong><\/span><\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #800080;\">Rendez-vous d\u00e9but novembre pour d&rsquo;autres nouveaut\u00e9s, du classique, de la vieillerie, des trucs en ligne, etc.<\/span><br \/>\nEn attendant vous pouvez toujours \u00e9couter mes podcasts : <a href=\"https:\/\/anchor.fm\/francis-mizio\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">&gt; ici \u00ab\u00a0Le Documenteur\u00a0\u00bb<\/a> et <a href=\"https:\/\/www.podcastics.com\/podcast\/mais-de-quoi-tu-me-parles\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">&gt; l\u00e0 \u00ab\u00a0Mais de quoi tu me parles ?\u00a0\u00bb<\/a> (je ferai de nouveaux \u00e9pisodes un de ces quatre, promis) ou <a href=\"http:\/\/tribu-macroqa.francismizio.net\/acheter-le-roman\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">acqu\u00e9rir mon nouveau roman<\/a> (si ce n&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 fait).<br \/>\nVous pouvez aussi chercher l&rsquo;inspiration lecture avec le <a href=\"https:\/\/vis-comica.francismizio.net\/2022\/04\/12\/liste-des-auteurs-dont-vis-comica-parlera-ne-parle-pas-a-deja-parle\/\">PENSE-B\u00caTE \/ LA BANDE-ANNONCE DE VIS COMICA (les auteurs dont je parlerai, je ne parlerai pas, j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9<\/a>, que vous pouvez d&rsquo;ailleurs alimenter &gt; <a href=\"mailto:francismizio@wanadoo.fr\">en m&rsquo;en sugg\u00e9rant<\/a> pour enfin une tentative d&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;une biblioth\u00e8que de l&rsquo;humour en litt\u00e9rature.<br \/>\n&gt; <a href=\"mailto:francismizio@wanadoo.fr\">N&rsquo;h\u00e9sitez pas \u00e0 me faire remonter vos remarques et suggestions<\/a>.<br \/>\n<\/strong><strong>&gt;&gt;&gt; Abonnez-vous \u00e0 VIS COMICA c&rsquo;est gratuit, faites abonner les \u00e2mes perdues en expliquant que c&rsquo;est gratuit, voire <a href=\"https:\/\/vis-comica.francismizio.net\/sabonner\/\">soutenez<\/a> (*) VIS COMICA ! \u00c0 bient\u00f4t. <\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-179\" src=\"https:\/\/vis-comica.francismizio.net\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/KeatonTheEnd.gif\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"360\" \/>(*) Cela veut dire des cadeaux (ebooks), des trucs que je ne sais toujours pas encore quoi, l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 un forum pour tchatcher et se refiler des plans lectures, etc.<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong><span style=\"color: #800080;\">[publi<\/span><span style=\"color: #800080;\">cit\u00e9]<\/span><\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1344\" src=\"https:\/\/vis-comica.francismizio.net\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/old-ads-8.jpg\" alt=\"\" width=\"750\" height=\"514\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Buster Keaton lors de son abonnement \u00e0 VIS COMICA, la lettre de la litt\u00e9rature et des \u00e9crits humoristiques. \u201cSi franc &hellip; <a href=\"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/2022\/11\/13\/octobre-n6-1er-octobre-2022-l-histoire-nous-l-apprend\/\" class=\"more-link\">Plus <span class=\"screen-reader-text\">[Archives lettre] N\u00b06 &#8211; 1er octobre 2022 &#8211; L&rsquo;Histoire nous l&rsquo;apprend<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1399,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,4,5,7],"tags":[],"class_list":["post-1340","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives-lettres","category-ecrits-humoristiques","category-en-bref","category-litterature-humoristique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1340","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1340"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1340\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1340"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1340"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/vis-comica.francis-mizio.net\/vis-comica\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1340"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}